On ira.
Je ne sais pas ce que signifie le maudit
Qui marche avec qui
quand les chemins perdent leurs noms ?
On ira tout au bout du chemin,
là où la fin s’effrite
comme un mur rongé de l’intérieur.
Et sous les pierres,
enfin rien
Rien qui ressemble à une réponse.
Rien qui nous attende.
Seulement cette drôle de persistance :
avancer.
II
Là où l’encre se mêle.
À quoi ?
À la pluie, au sang,
à cette chose informe
qu’on appelle encore une histoire ?
Les mots ne tiennent plus sur la page.
Ils débordent.
Ils se contredisent.
Ils nous ressemblent.
J’avais écrit quelque chose
pour ne pas disparaître.
Je ne sais plus lire.
Refrain
Et si le ciel n’est plus,
où tombe-t-on ?
Si la fin s’effrite,
qui ramasse les morceaux ?
On ira tout au bout du chemin.
Non pas pour arriver.
Non pas pour comprendre.
Mais parce qu’il reste
quelqu’un
qui n’a pas fini de partir.
III
Il y a des nuits
qui ne veulent pas du matin.
Des nuits sans fenêtre,
sans dieu derrière la vitre,
sans même cette consolation
d’être perdu quelque part.
J’y ai laissé mon nom.
Il ne m’a pas reconnu.
Alors j’ai marché plus loin,
dans cette folie sans terre,
avec pour seule direction
ce qui s’effaçait derrière moi.
Refrain
Et si le ciel n’est plus,
où tombe-t-on ?
Si la fin s’effrite,
qu’est-ce qui reste du commencement ?
On ira tout au bout du chemin.
Il n’y a peut-être personne.
Il n’y a peut-être jamais eu personne.
Et pourtant…
Final
Là où la fin s’effrite.
Là où l’encre se mêle.
Là où le ciel n’est plus.
Je serai toujours là.
Pas comme une promesse.
Comme une question
à laquelle le silence
n’aura jamais su répondre.